Parce que c’était lui, parce que c’était moi…

Le temps d’un bel après-midi d’été, dans le cadre émouvant de la villa Tourgueniev à Bougival, nous étions une soixantaine à jouir du privilège d’être associés, comme de vieux amis complices, aux échanges épistolaires de ces deux géants de la littérature de leur pays que sont Gustave Flaubert et Ivan Tourgueniev.

Leur correspondance amicale, si dense, si passionnante a duré de longues années mais il revient à Nelly Antoine et à Marion Baude le mérite d’avoir réussi à recréer pour nous la tension d’un véritable dialogue, grâce à la pertinence de leur choix des lettres lues alternativement par les excellents Eric Genovèse et Hervé Pierre qui incarnaient magistralement les deux amis dans leurs moments de peine, d’enthousiasme ou d’ironie. Alain Ghazal, le récitant, à partir de textes préparés par Marc Sebbah, donnait avec justesse un éclairage bienvenu sur leurs vies et reliait ce qui s’était passé avant et après ces conversations. Et en contrepoint, Florence Hennequin faisait vibrer la voix tout en délicatesse de son violoncelle nostalgique.

En regardant par la fenêtre, je voyais la datcha de Pauline Viardot si proche. Le temps tout à coup semblait s’être inversé avec la présence d’Alexandre Zviguilsky, mémoire de ces lieux qu’il connaissait depuis si longtemps et qui s’était consacré à l’étude des personnalités qui les avaient autrefois hantés et dont le talent avait marqué leur époque. Au premier étage de la datcha, le bureau et la chambre à coucher d’Ivan Tourgueniev, intacts…

Léna Petrossian

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