Manon naît le 17 mars 1754 dans une famille de la petite bourgeoisie de l’île de la Cité. Elle reçoit une éducation artistique, musicale et religieuse. Croyante, elle entre à 11 ans à la Congrégation Notre Dame, pour préparer sa première communion. C’est là qu’elle se lie avec Henriette et Sophie Cannet, issues d’une famille bourgeoise d’Amiens, avec lesquelles elle échangera plus de 250 lettres.
La jeune fille est pourvue d’une intelligence et d’une mémoire exceptionnelles. Dès l’âge de 8 ans, elle se passionne pour les Hommes illustres de Plutarque. Elle découvrira plus tard Voltaire, Bayle, Montesquieu, D’Alembert, Diderot, Buffon, Helvétius, l’abbé Raynal, puis Jean-Jacques Rousseau qu’elle admire plus que tout autre. Cette boulimie de lectures, ce vagabondage littéraire, loin de tout enseignement institutionnel, lui permirent de forger son caractère et de diriger sa pensée et son action. Manon Roland, fille des Lumières.

Séduisante, cultivée, Manon est une jeune fille vertueuse et courtisée. En janvier 1776, elle entre en relation, grâce à ses amies Cannet, avec un inspecteur des manufactures en poste à Amiens, Jean-Marie Roland de la Platière, âgé de 42 ans. Après une longue et difficultueuse période de fiançailles, ils se marient le 4 février 1780 à Paris. Leur fille Eudora naît en 1781.

On peut découvrir, grâce à ses centaines de lettres et ses milliers de pages – adressées à sa famille, à son mari, aux sœurs Cannet, à ses amis de la Gironde, à Robespierre, au roi et même au pape – toute la vie de passions de Manon Roland : passion de l’écriture, de la musique, de la nature, de la philosophie, amour du bien public et refus des inégalités. Dès 1791, Manon Roland s’engage jusqu’au bout : La révolution survint et nous enflamma… On vit ici dix ans en vingt quatre heures, dit-elle.

Comme l’écrit Mona Ozouf, c’est cet « intolérable orage qui monte tout au long de la révolution et n’en finit pas d’éclater » que les mémoires et la correspondance de Manon Roland nous permettent de parcourir : les deux ministères de son mari, l’exécution du roi, la lutte avec La Montagne et la chute de la Gironde, la fuite de Jean-Marie Roland, celle de François Buzot qu’elle chérit et n’ose nommer, son emprisonnement et ses derniers jours à Sainte-Pélagie.

Et ce, sous la plume d’une véritable écrivaine attachée à préserver jusqu’au bout « l’exercice illimité de sa liberté et de sa pensée ». Manon Roland fut guillotinée le 8 novembre 1793, quelques mois après Louis XVI, quelques jours après Marie-Antoinette. Fin juillet 1794 vit la fin de la « Terreur ».

18 Brumaire – Tribunal criminel révolutionnaire établi par la Loi du 10 mars 1793, l’an 2e de la République. L’exécuteur des Jugements criminels ne fera faute de se rendre aujourd’hui à la Maison de Justice pour y mettre à exécution le jugement qui condamne Mme Roland et Lamarche à la peine de mort. L’exécution aura lieu à trois heures et demie du soir sur la place de la Révolution. L’Accusateur public, Fouquier-Tinville

 

Lecture-spectacle : Manon Roland, une vie de passions

A partir des mémoires de Manon et d’extraits de ses lettres adressées aux sœurs Cannet, à son mari, à Eudora, à ses amis de la Gironde, à Robespierre, à Buzot dont elle s’éprend peu de temps avant de mourir, a été conçue une lecture-spectacle dont la distribution est la suivante :

Catherine Sauval, pensionnaire puis sociétaire de la Comédie-Française pendant 32 ans, dans le rôle de Manon,
Christian Cloarec, pensionnaire de la Comédie-Française pendant 12 ans, dans le rôle de Jean-Marie Roland,
Avec la participation de Françoise Gillard, sociétaire de la Comédie-Française.
Un accompagnement musical à la guitare est également prévu.

Une iconographie sera proposée des principaux personnages et des quartiers, jardins et prisons de Paris que Manon a traversés.

Choix des lettres, montage et conception des textes de liaison : Nelly Antoine, Marion Baude, Marc Sebbah.

Plusieurs représentations seront organisées à la Fondation d’entreprise La Poste, dans l’auditorium de la MGEN le 7 novembre 2019, à Theizé en Beaujolais, au pays des Roches Dorées, où Manon résida pendant plusieurs années.

La Compagnie Les Signatures remercie la Fondation d’entreprise La Poste et la MGEN pour leur soutien.

Bibliographie
Claude Perroud, Lettres de Manon Roland (Librairie Leroux 1900-1915),
Mémoires (Mercure de France 2004),
Madeleine Clémenceau-Jacquemaire, Vie de Madame Roland (Editions Jules Tallandier – 1929),
Mona Ozouf, Les Mots des femmes (Editions Gallimard – 1995),
Martine Sonnet, Lire par dessus l’épaule de Manon Roland (2012), L’Education des filles au temps des lumières (Edition du Cerf – 2014),
Pierre Cornut-Gentille, Madame Roland, une femme en révolution (Tempus 2015).