Sur une idée originale de Françoise GILLARD, le spectacle Parce que j’en avais besoin s’inscrit dans une profonde recherche sur le mouvement, débutée en 2011 avec le solo Signature que Françoise Gillard avait écrit et dansé au Théâtre du Vieux-Colombier / Comédie-Française à Paris.

Ce nouveau spectacle a pour ambition de raconter à travers les gestes et la « physicalité » de deux comédiens, Benjamin JUNGERS et Julien LEMONNIER, les relations d’amitié, le besoin qui est en chacun d’entre nous de les entretenir ou non, au fil du temps qui passe.

Acteurs l’un et l’autre, amis d’enfance, Benjamin et Julien n’avaient pas eu jusqu’ici la chance de partager la même scène. Françoise Gillard, sociétaire de la Comédie Française, leur propose d’inventer avec elle une conversation dialogue sur le thème de l’amitié et du besoin d’amitié, amitié partagée, trahie, sublimée pour reprendre les propos de Sandrine Treiner. Deux musiciens chanteurs, de formation classique pour l’un et expérimentale pour l’autre, créeront et construiront, au fil des répétitions, la musique du spectacle.

L’originalité de ce spectacle Parce que j’en avais besoin tient au rôle essentiel, quasi-exclusif de la gestuelle et de la musique, sans aucun usage des mots ni des figures codées de la danse. « Ce qui n’est pas verbal peut se transformer en un langage très expressif. Le mouvement est parfois bien plus fort que la parole » précise Françoise Gillard. Qui ajoute : « Le silence et les propositions des corps abritent bien des dialogues ».

Ce spectacle révèlera-t-il aux deux comédiens les ressorts (inconnus d’eux) qui ont initié, construit, voire menacé leur amitié : émotions contenues, souvenirs enfouis, sensations perçues – ou non – en commun, peur d’affronter à deux les incertitudes et les fragilités de ces territoires ? Une redoutable mise en danger pour les acteurs, une véritable mise en abyme pour les spectateurs.

Le dossier de présentation du spectacle est disponible ICI

Conception et mise en scène : Françoise GILLARD

Françoise Gillard se forme au Conservatoire royal de Bruxelles, dans la classe de Pierre Laroche ; elle en sort en 1995 avec un premier prix d’interprétation et déjà quelques productions professionnelles à son actif en Belgique. En 1996, elle joue dans Un mari idéal d’Oscar Wilde mis en scène par Adrian Brine (au Théâtre Antoine puis en tournée). En novembre 1997, Jean-Pierre Miquel l’engage dans la troupe de la Comédie-Française pour y interpréter Thomasina Coverly dans Arcadia de Tom Stoppard mise en scène par Philippe Adrien au Théâtre du Vieux-Colombier. En janvier 2002, elle est nommée 507e sociétaire de la Comédie-Française et travaille sous les directions de Simon Eine, Andrzej Seweryn, Jacques Lassalle, Lukas Hemleb, Robert Wilson, Lars Norén, Oskaras Koršunovas, Denis Podalydès, Lee Breuer, Éric Ruf, Denis Marleau, Marc Paquien ou encore Anne Kessler. Elle participe également au spectacle Tu d’Olivier Meyrou et Mathias Pilet et collabore avec le danseur et circassien Damien Fournier ; elle mène une carrière au cinéma et à la télévision sous les directions d’Alain Resnais, Jane Labrune, Emmanuel Bourdieu, Bruno Podalydès, Aki Yamamoto, Anne Kessler, Benjamin Jungers, Jean-Daniel Verhaeghe, Alain Tasma… Françoise Gillard obtient en 2000 le prix de la meilleure comédienne décerné par le Syndicat de la critique pour son rôle d’Alarica dans Le mal court d’Audiberti. En 2002, elle reçoit le prix Suzanne-Bianchetti de la SACD ainsi que le Coq de Cristal de la personnalité belge de l’année et, en 2013, le prix Beaumarchais du Figaro de la meilleure comédienne pour le rôle-titre dans Antigone d’Anouilh. La saison passée, Les Enfants du silence par Anne-Marie Etienne au Théâtre Antoine lui valent une nomination aux Molières 2017 (catégorie meilleure Comédienne dans un spectacle de Théâtre public). Elle crée ensuite L’événement d’Annie Ernaux mis en scène par Denis Podalydès au Studio-Théâtre. Cette saison elle est en tournée dans 20 000 lieues sous les mers d’après Jules Verne, adapté et mis en scène par Christian Hecq et Valérie Lesort, puis joue Salle Richelieu dans Poussière écrit et mis en scène par Lars Norén et dans La Locandiera de Goldoni par Alain Françon.

Comédiens : Benjamin JUNGERS ; Julien LEMONNIER

Après s’être formé au Conservatoire national supérieur d’art dramatique de Paris, Benjamin Jungers intègre la troupe de la Comédie-Française de 2007 à 2015. Il y multiplie les rôles, dirigé par des metteurs en scène tels que Christophe Rauck (il est Chérubin dans Le Mariage de Figaro de Beaumarchais), Fausto Paravidino (Gianni dans La Maladie de la famille M de Paravidino, pour lequel il est nommé « jeune talent masculin » aux Molières 2011), Catherine Hiegel (Cléante dans L’Avare de Molière), Lilo Baur (Gorin dans La Tête des autres de Marcel Aymé), Christian Benedetti (X dans Existence d’Edward Bond). Il danse également dans L’Autre, spectacle chorégraphié par Françoise Gillard et Claire Richard. Puis il quitte la Comédie-Française et interprète Octave dans Les Fourberies de Scapin de Molière mises en scène par Marc Paquien, Lui dans L’Autre de Florian Zeller par Thibault Ameline, Clitandre dans Les Femmes savantes de Molière par Catherine Hiegel. Il joue actuellement dans Les Jumeaux vénitiens de Goldoni dans la mise en scène de Jean-Louis Benoit au Théâtre Hébertot. Benjamin Jungers s’intéresse à l’écriture et à la mise en scène ; il écrit les textes qu’il interprète lui-même à l’occasion de deux Cartes blanches au Théâtre du Vieux-Colombier (2008 et 2012). En 2014, il met en scène L’Île des esclaves de Marivaux au Studio-Théâtre et réalise Comme ils s’en vont, son premier court-métrage. Fort de sa carrière théâtrale, Benjamin s’illustre au cinéma (Hellphone de James Hut, 2006), ainsi qu’à la télévision (Le Bœuf clandestin réalisé par Gérard Jourd’hui, Les affaires sont les affaires par Philippe Bérenger, Rapace par Claire Devers). On a pu le voir également dans Cessez le feu, film d’Emmanuel Courcol.

Diplômé du département théâtre de l’Institut des arts de diffusion (IAD, Belgique, 2009), Julien Lemonnier rencontre tout d’abord Dominique Serron et la troupe de l’Infini Théâtre ; il joue dans La Princesse Turandot, où il apprend le jeu dansé avec des masques pleins. Il a depuis enchaîné les rôles dans des pièces classiques (Les Femmes savantes de Molière, Le Roi Lear de Shakespeare ou encore Le Cid de Corneille) et contemporaines (Et la nuit chante de Jon Fosse, Un air de famille d’Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri et Too big for the stage). Il a travaillé dans de nombreux théâtres en Belgique (Théâtre des Martyrs, Atelier Théâtre Jean Vilar, Théâtre Varia, Centre culturel des Riches-Claires, Théâtre de la Vie), avec les metteurs en scène Éric de Staercke, Yoshi Oida, Marcel Delval, Olivier Leborgne, Jordan Veya, Camille Sansterre. Il a également chanté au Palais des Beaux-Arts de Charleroi ainsi qu’à l’Opéra Royal de Liège (opérette L’Auberge du Cheval Blanc). En 2015/2016, il a joué dans Brooklyn Boy de Donald Margulies mis en scène par Armand Delcampe (Atelier Théâtre Jean-Vilar) ainsi que dans Tristesse Animal Noir d’Anja Hilling par Georges Lini (Théâtre Le Public). Julien Lemonnier est également musicien ; il a réalisé, au piano ou par des musiques électroniques, les bandes-son des spectacles Alice, Too big for the stage et Les Nuits blanches. Depuis 2012, il donne également les cours du stage de masque neutre à l’IAD. Il co-met en scène avec la comédienne Camille Santerre La Compatibilité du caméléon, une création présentée cette saison au Théâtre de la Vie à Bruxelles puis en tournée en 2018-2019.

Interprètes : Théophile BLANCKAERT (création musicale) ; Florence HENNEQUIN (accompagnement au violoncelle)

A 24 ans, Théophile Blanckaert est un autodidacte. C’est en arrivant à Paris en 2012 qu’il commence à accompagner différents artistes sur scène comme en studio (notamment Arkadin, Adam Green, Jaune et plus récemment Norma et The Pirouettes). Il travaille pour la première fois au théâtre en 2017, compose la musique du spectacle de Noam Morgensztern Au Pays des Mensonges d’après des nouvelles d’Etgar Keret et l’accompagne aux machines sur la scène du Studio-Théâtre de la Comédie-Française. Il enregistre son premier disque solo de 5 chansons en août 2017 sous le nom de BUMBY.

Après ses études au Conservatoire national de Paris, Florence Hennequin entre à l’Orchestre régional de Bretagne. Après six années de musique symphonique, elle regagne Paris et s’ouvre à de nouveaux horizons musicaux, jouant pour opéras, ballets et concerts classiques à l’Opéra de Paris, à l’Orchestre national de Lille et au sein de nombreux ensembles, en passant par la musique ethnique, le tango argentin et le théâtre musical (notamment Le Roi Lion au Théâtre Mogador et La Nuit d’Eliott Fall au Vingtième Théâtre). Membre de l’Ensemble de Jean-Philippe Goude et de l’Ensemble de Florence, elle se produit régulièrement sur les scènes parisiennes et étrangères. Elle ne cesse depuis d’élargir son horizon musical, accompagnant de grands artistes dans des domaines aussi variés que le rock, la variété, le jazz et la soul. Elle accompagne également les comédiens de la Comédie-Française dans le « Cabaret Boris Vian » dirigé par Serge Bagdassarian au Studio-Théâtre puis interprète le spectacle Ferré, Ferrat, Farré au aux côtés du comédien Jean-Paul Farré (au Vingtième Théâtre et en tournée). Elle joue ensuite au Théâtre du Châtelet (A Flowering Tree de John Adams), à l’Opéra Garnier (au sein de l’Orchestre national de l’Opéra de Paris), et au Théâtre Mogador (Le Bal des vampires mis en scène par Roman Polanski).

Lieux et dates de représentation : Le spectacle sera programmé, en mars 2019, par la Maison des Arts et de la Culture de Créteil ainsi que par le Théâtre des Bernardins à Marseille.