La première manifestation à Paris de l’association Compagnie les Signatures a été un réel succès. Avec le soutien d’EuropaNova elle a réuni, dans les beaux locaux du 64 bis avenue de New York mis à sa disposition par New York Finance Innovation, une cinquantaine de personnes – dont de nombreux jeunes. Une rencontre passionnante avec Françoise Gillard, 507e sociétaire de la Comédie-Française, menée par Matthieu Haumesser, docteur en philosophie, agrégé de philosophie (Philosophie du théâtre, Editions Vrin), enseignant en classes préparatoires et à Sciences Po Paris, et Marc Sebbah, Commandeur des Arts et des Lettres, fondateur du Prix du Jeune Ecrivain.

Il faut dire que le thème de l’entretien, De Charleroi à Paris, le parcours artistique européen d’une sociétaire de la Comédie-Française, ne pouvait que ravir l’association EuropaNova, très attachée au développement de projets culturels fructueux entre les divers pays de l’Union Européenne.
Née en Belgique, ayant travaillé avec de nombreux metteurs en scène belges, suédois, français, polonais…, Françoise Gillard a su animer avec passion cette rencontre. Elle a répondu précisément aux questions de Matthieu Haumesser et Marc Sebbah sur son parcours théâtral, les pièces, les rôles, les choix esthétiques qui l’ont marquée :
« Je n’avais pas l’ambition de venir à Paris où je ne connaissais personne. Cela s’est fait simplement, presque naturellement. De plus, je n’avais pas la culture de la Comédie-Française dont je suis aujourd’hui devenue, sans renoncer en rien à ce qui me passionne, sociétaire et heureuse de l’être. Le théâtre, ce n’est pas seulement le texte, c’est aussi le corps, le geste, qui peuvent exprimer tout aussi bien que l’écrit, nos émotions, nos sentiments et les transmettre aux spectateurs. »

Françoise Gillard a joué les pièces des plus grands auteurs : Shakespeare, Racine, Molière, La Fontaine, Rostand, Audiberti,… Elle a tenu des rôles majeurs, obtenu le Prix Beaumarchais pour son Antigone en 2013, joué des textes poignants comme L’Evènement d’Annie Ernaux.
Dire, chanter, jouer, danser, mimer, tourner avec Alain Resnais, Françoise Gillard sait tout faire. Et, en même temps, charmer le public par sa sincérité, sa naïveté préservée, sa passion de transmettre. Bref, une véritable école de théâtre.

De Psyché de Molière à Roxane dans Cyrano de Bergerac, en passant par Antigone d’Anouilh dont le rôle-titre lui a valu le prix Beaumarchais de la meilleure comédienne, Françoise Gillard est revenue sur la diversité des collaborations qui ont enrichi son jeu d’actrice, non seulement au théâtre mais également au cinéma. Qui l’ont amenée, aussi, à la danse, au mime, à la chanson, jusqu’à l’apprentissage de la langue des signes pour interpréter le rôle de Sarah Norman dans Les Enfants du silence, mis en scène par Anne-Marie Etienne. Le corps de Françoise Gillard est – dit-elle – son outil de travail. Il est aussi le point de départ d’une profonde recherche sur le mouvement amorcée en 2010 avec la création de Signature, solo de danse inspiré par le chorégraphe belge Sidi Larbi Cherkaoui, puis de L’Autre, créé en 2015 au théâtre du Vieux Colombier.

Les échanges avec l’assistance se sont poursuivis, détendus et amicaux, autour des projets de Françoise Gillard, de ceux de la Compagnie Les Signatures et des moyens à rassembler pour y parvenir.

 

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